À l’occasion de la Journée internationale des enfants en situation de rue (12 avril), nous nous sommes mobilisés avec nos partenaires pour rappeler une réalité essentielle : la santé est un droit pour chaque enfant. Pourtant, dans de nombreux pays, des millions d’enfants sont encore privés d’un accès réel aux soins. Cette situation est particulièrement préoccupante pour les enfants en situation de rue, dont les conditions de vie extrêmement précaires fragilisent fortement la santé : manque d’accès à l’eau potable, exposition à la pollution, manque d’hygiène, exposition aux maladies, absence de suivi médical.
Avec nos partenaires de terrain, présents dans plusieurs pays, nous constatons que de nombreux obstacles empêchent ces enfants d’accéder à leur droit à la santé. Malgré l’existence de soins théoriquement gratuits, des coûts cachés (médicaments, examens) restent un frein majeur. À cela s’ajoutent des infrastructures insuffisantes, souvent mal équipées, ainsi que des situations de discrimination qui éloignent encore davantage ces enfants des services de santé.
Face à ces obstacles, des solutions existent. Il est essentiel de renforcer la formation et la sensibilisation du personnel de santé, de garantir la gratuité réelle des soins et d’investir dans des dispositifs adaptés, tels que les centres de santé locaux ou les services mobiles. La santé est un droit, pas un privilège. Même dans la rue.
Découvrez comment nos partenaires et les enfants qu’ils soutiennent se sont mobilisés à travers le monde pour faire valoir leurs droits.
Madagascar
À Madagascar, avec le consortium de partenaires locaux « Sandratra » que nous soutenons, une action concrète a été mise en place pour accompagner les enfants en situation de rue et leurs familles : un point d’accueil gratuit et accessible à tous.
Dès les premières heures, ce dispositif a permis d’offrir une prise en charge immédiate à plus de 500 enfants et jeunes, avec des soins médicaux, des sensibilisations à l’hygiène, à la nutrition et à la santé, ainsi qu’un accompagnement administratif vers l’état civil, notamment à travers la délivrance d’actes de naissance pour les enfants non déclarés.
Fandresena, 13 ans, a pris la parole pour partager les difficultés d’accès aux soins auxquelles ces enfants sont confrontés :
« J’ai demandé à mes amies de m’accompagner chez notre médecin à Antaninarenina. Ce sont elles qui ont payé mes médicaments et je les ai remboursées plus tard, lorsque je me suis remise sur pied ».
En réunissant les acteurs institutionnels clés de la protection de l’enfance, cette journée a aussi permis de montrer concrètement l’importance du travail mené par nos partenaires sur le terrain et de rappeler l’urgence d’agir pour améliorer l’accès à la santé des enfants et des familles en situation de rue.
Cameroun
Au Cameroun, notre partenaire le Foyer de l’Espérance a organisé plusieurs actions à Yaoundé, la capitale, à l’occasion de cette journée internationale, afin de sensibiliser au droit à la santé et mobiliser la communauté.
Les activités ont débuté par une marche de sensibilisation réunissant enfants et adultes, pour alerter le public sur les difficultés rencontrées par les enfants en situation de rue. Elles se sont poursuivies par une cérémonie officielle au Foyer de l’Espérance, marquée par des prises de parole, notamment celles d’enfants témoignant de leur réalité.
Des animations artistiques (danses, poèmes, théâtre) ont ensuite été proposées autour de thématiques de santé, suivies d’un concours de plaidoyer au cours duquel les enfants ont présenté des solutions concrètes pour améliorer leur accès aux soins et leurs conditions de vie.
Pérou
Au Pérou, nos partenaires Sinergia por la Infancia, Casa Generación et le collectif Hagamos Visible lo Invisible (Rendons visible l’invisible) ont organisé une journée de mobilisation avec plusieurs acteurs engagés auprès des enfants et adolescents en situation de rue, aux côtés du mouvement national de jeunes travailleurs MANTHOC. Entre jeux, échanges et prises de parole, les jeunes ont partagé leurs parcours et porté leurs revendications.
Organisée le week-end du premier tour des élections présidentielles et législatives, cette mobilisation a été un moment fort pour rappeler que les enfants en situation de rue ont des droits et que les pouvoirs publics ont la responsabilité de les garantir. En présence de candidats, les jeunes ont adressé un message clair : leur voix doit être entendue et leurs droits respectés.
République du Congo
Au Congo, notre partenaire le REIPER (Réseau des Intervenants sur le Phénomène des Enfants en Rupture) a marqué cette journée par plusieurs initiatives de plaidoyer à Brazzaville, en plaçant les enfants au cœur de la mobilisation.
Un moment particulièrement marquant de la journée a été la participation de jeunes à une émission spéciale de radio, leur permettant de prendre pleinement part au plaidoyer porté par le réseau. Une initiative originale, qui leur a permis de s’exprimer directement sur leur droit à la santé, de partager leurs expériences et de porter leurs revendications auprès d’un large public.
Dans cette même dynamique, le REIPER a également organisé une journée de rencontre réunissant enfants, représentants des autorités locales et associations membres du réseau. Ce temps d’échange a été rythmé par plusieurs activités concrètes, parmi lesquelles des prestations artistiques (théâtre, slam, chant), une exposition de dessins mettant en lumière les réalités vécues par les enfants, ainsi qu’un match de football féminin, symbole d’inclusion et de solidarité.