Allan, 13 ans, Cameroun © FAAI
Allan, 13 ans, Cameroun © FAAI

Allan, 13 ans, un parcours de résilience

Projet lié

Programme régional dédié aux enfants en situation de rue en Afrique centrale

Cameroun
République du Congo
République Démocratique du Congo

Au Cameroun, notre partenaire, la Chaîne des Foyers Saint-Nicodème, accompagne des enfants en situation de vulnérabilité dans leur reconstruction et leur réinsertion. Basé à Douala, notre partenaire accueille des enfants en situation de rue dans des centres d’accueil. Les enfants y trouvent un environnement protecteur et structurant où ils peuvent reprendre une scolarité, apprendre un métier, reconstruire leur confiance et envisager un avenir durable. 

C’est dans ce cadre que nous avons rencontré Allan, 13 ans, qui a accepté de nous raconter son parcours et ses rêves. 

« Dans la rue, j’ai vécu quatre ans. J’ai arrêté l’école quand j’étais en 6ᵉ. Après la mort de mes parents, je vivais chez ma tante à Yaoundé. Elle voulait que j’aille au village, mais je ne voulais pas. Là-bas j’aurais été seul, sans personne à qui parler. Alors je suis parti. » 

À Douala, Allan survit comme il peut : 

« Je vendais de la ferraille pour avoir un peu d’argent. Mais je n’aimais rien dans la rue. On dort mal, on n’est jamais en sécurité. » 

Lorsqu’il entend parler du centre, il décide de tenter sa chance. 

Au centre, Allan découvre un environnement structuré et la possibilité de reprendre sa scolarité. Accompagné par une éducatrice, il retrouve peu à peu confiance et motivation : 

« Je vais à l’école maintenant, grâce à une éducatrice qui m’a aidé à rattraper. J’ai appris à lire, à écrire et à utiliser un ordinateur. Je suis fier d’avoir retrouvé le niveau et de pouvoir avancer. » 

Pour Serge Alain, directeur du centre, cette première étape — appelée “année de stabilisation” — est souvent la plus exigeante. Beaucoup d’enfants ne sont jamais allés à l’école ; d’autres ont connu des ruptures familiales ou de longues périodes de rue. 

« L’enjeu est d’adapter notre accompagnement à chaque profil, en prenant le temps nécessaire pour reconstruire la confiance », nous explique-t-il. 

Au-delà de la scolarité, les journées s’articulent autour d’activités pratiques et éducatives : agriculture, pisciculture, apprentissage de la vie collective. Le centre cherche à transmettre à chaque enfant des compétences concrètes et une vision d’avenir. L’objectif : que chaque jeune puisse, en sortant du foyer, être autonome et capable de subvenir à ses besoins. 

Aujourd’hui, Allan se projette avec assurance : 

« J’ai vraiment envie d’avancer à une classe supérieure et d’avoir une bonne moyenne. Je viens de commencer mais je veux m’améliorer vite. Je suis vraiment fier de moi. » 

Passionné par la mécanique, il suit actuellement une formation professionnelle au sein du centre. Il rêve d’obtenir son CAP, puis de poursuivre jusqu’au baccalauréat. 

Mais l’accompagnement au sein de la Chaîne des Foyers Saint-Nicodème ne s’arrête pas aux portes du centre. Le travail de réinsertion familiale constitue une part essentielle du projet éducatif, 

« Après plusieurs mois passés dans un cadre structurant, les enfants peuvent craindre le retour en famille. Il faut donc rétablir la confiance, impliquer les proches dès le début et construire ensemble le chemin du retour. » 

C’est dans cette logique qu’Allan a pu renouer le contact avec sa tante, avec qui il n’avait plus de lien. Aujourd’hui, il poursuit sa formation avec détermination. Il espère, à terme, travailler dans un garage.  

L’histoire d’Allan reflète l’essence de travail que nous menons aux côtés de nos partenaires : redonner aux jeunes la capacité de croire en eux et de construire un avenir.